samedi 18 août 2012

La comédie humaine


Robert-Delaunay.-Joie-de-vivre


Pourceau le plus cher d'Épicure
Qui contre les lois de nature
Tournez vos pages à l'envers
( Cabinet satyrique, p. 191 )

Le 13 Août dernier, le philosophe Michel Onfray a été préféré à l’historien Benjamin Stora pour organiser l’expo aixoise de 2013 consacrée à l’écrivain Albert Camus et à son engagement algérien
[ Petite précision : nul conflit entre les deux hommes ]

Michel Onfray dont l'honnêteté intellectuelle est connue de tous ceux qui s'intéressent à la philosophie et plus particulièrement à l'histoire de la contre histoire de la philosophie, apprécient aussi sa faculté de nourrir le débat public en s'appuyant toujours sur une abondante documentation ou bibliographie

Son projet, différend de celui de l'historien Benjamin Stora
Citation :
« Le précédent projet mettait l'accent sur la confrontation entre l'histoire et la pensée d'un homme. Cette fois, il est question davantage de l'intemporalité et le suivi d'une pensée. Le parti-pris est un peu différent, ce qui n'enlève rien à la qualité du projet de Benjamin Stora. Mais ce ne sont pas les mêmes personnalités, ni les mêmes questionnements.» L'élue l'assure : Michel Onfray a « carte blanche ». Fait savoir Sophie Joissains, sénatrice des Bouches-du-Rhône et adjointe à la culture à la mairie d'Aix

Dans un communiqué, le philosophe précise ne pas vouloir commenter « les raisons pour lesquelles Benjamin Stora, dont j'estime l’œuvre impeccable (...), n'est plus en charge de ce projet ». En revanche, il précise avoir accepté cette direction « dans la mesure où il préludait à la pérennisation de ce travail dans un Musée Albert Camus » à Aix-en-Provence. Ce qu'a accepté Maryse Joissains. « Rien n'est calé, précise aussitôt Sophie Joissains. On est partant parce que l'idée est magnifique mais elle n'est pas encore matérialisée. » Rapporte dans 20 minutes Mickaël Penverne

Jusque là rien à dire, c'est un choix intéressant, mais quand je lis, publiée dans les médias, la déclaration de la Ministre de la Culture, je cite : Aurélie Filippetti a clairement choisi son camp : «La vraie belle exposition Camus aurait été l’éclairage de Benjamin Stora, qui est à la fois un admirateur de Camus et le meilleur spécialiste de la guerre d’Algérie. Il partage en plus les mêmes paysages que ceux de Camus, le même paysage mental en tout cas. Ça aurait été remarquable.» Un événement que la ministre aurait inauguré « avec plaisir ». Et sans incriminer Michel Onfray, elle a décidé que son ministère ne donnera ni son logo ni un euro, « même via Marseille-Provence 2013 » qui reçoit de l’argent de l’Etat, précise Filippetti
C'est sans doute dérangeant un Michel Onfray préférant la chanson grise aux tranchants noir et blanc – où sont donc passés les bien commodes bons et méchants ?

Là pour le coup la République prend un coup bien bas, '' elle ne donne pas son logo '', dit-elle, l'action du Ministère de la Culture serait donc soumis à son seul jugement, inféodé à son analyse – à elle pour juger seule de la qualité des tiers exposants
Cela ressemble beaucoup avec le refus de '' donner '' un euro à une des plus feutrées censures dont peut se rendre coupable une ministre ou un ministre dans l'exercice de sa fonction

Habitué des polémiques, Michel Onfray assume : « Qu’on me juge sur la vérité de mon travail, je ne me suis jamais déterminé en fonction des risques d’instrumentalisation. Mon seul objectif est qu’un musée Camus voit le jour à Aix. » L'exposition, selon M.O, aura pour titre: « Albert Camus. Un homme révolté »

Le livre de Michel Onfray : L'ordre libertaire. La Vie philosophique d'Albert Camus. Un hommage-fleuve efficace démontrant que celui-ci n'était pas le « philosophe pour classes terminales » selon l'expression de ses détracteurs, mais un authentique grand écrivain

La liberté d'expression menacée, mais c'est sans doute plus facile de se montrer démocrate pour Aurélie Filippetti quand les faits se produisent en Russie de dénoncer l'arbitraire des condamnation totalement injustes et injustifiables des trois punquettes des Pussy Riot

Défendre la liberté d'expression est un devoir, rester toujours du côté de la liberté de pensée, attentif à ce droit de dire dans notre pays, aussi partout dans le monde

Quand un Diderot, un temps, comme d'autres à son époque, interrogeait sa part d’ombre, d'autres de nos jours, d'une autre tradition, ne doutent jamais de rien. Pour éviter la questionnement vont jusqu'à s'abriter derrière des textes, selon eux, indiscutables

De Franz-Olivier Giesbert, pour ma part je partage sa position, bien que lui-même soit croyant, il ne craint pas pour autant de dire quand, à titre d'exemple, Michel Onfray dit du bien d'un livre écrit par Jean Soler contre les monothéismes Qui est Dieu? - je cite F-O. G : « Dans un pathos qui rappelle celui du Saint-Office de l'Inquisition, des pétitionnaires anti-Onfray vont même jusqu'à qualifier son hédonisme, cher à Épicure ou à Nietzsche, de " complaisance démagogique pour la bassesse ". Risible et pathétique. » Fin de citation
Gassendi prétendait que, si Épicure a été traité de pourceau, c'est en raison de la jalousie des autres philosophes - Crab 19 Août 2012

Nota :
Titre de cet article, '' La comédie humaine '' - un clin d’œil à Honoré de Balzac...et à notre actualité...

Suite :



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