samedi 24 novembre 2012

Na Putu - Le Choix de Luna








Capture d'écran par Crab

Na Putu - Le Choix de Luna
Un Film diffusé sur arte, hier vendredi 23 Novembre 2012
D'emblée je dirais que ce film est à juger en fonction de son genre, il est évident que quand il s'agit à proprement parler de cinéma, c'est à dire d'Art, je peux revoir et revoir cinquante fois '' la règle du jeu '' de Jean Renoir

Le choix de Luna dans son genre est bienvenu, répond à l'actualité ; ce que je peux en dire, c'est escompter qu'un jour, le plus tôt sera le mieux, que ce film n'aura plus qu'un intérêt historique...après avoir bien rempli son office

Dans cette perspective il me paraît évident que ce film doit être vu par tous, d'autant qu'après la lecture d'une bonne vingtaine d'articles publiés dans la presse émanant de la critique à propos de cet excellent film, j'ai relevé plusieurs appréciations que j'estime timorées ou à coté du sujet central de l' histoire intime bien racontée d'un couple évoluant dans un environnement particulier, celui propre à la Bosnie d'aujourd'hui
Un pays, une société bosniaque par certains aspects n'est sans rappeler les menaces que la religion, partout en Europe, fait toujours peser sur les libertés individuelles ou sur le statut de la femme quand ce n'est pas périodiquement d'entretenir la déconsidération de l'homosexualité

D'une manière générale pour la critique d'insister un peut trop sur les blessures laissées par la guerre en Bosnie, quand ce n'est pas de dire que le sujet est '' en apparence l'extrémisme religieux '' dont le traitement manquerait de subtilité, d'ajouter que la réalisatrice, ce qui est un comble, aborde l'image du couple entre traditions castratrices et modernité de façon outrancière - Voilà à peu près ce qui ressort de l'ensemble des articles lu dans la presse

Hors, dans ce film l'arrière-fond d'après-guerre est anecdotique, ce n'est pas seulement l'extrémisme salafistes qui est déconstruit mais le code ou la moraline musulmane, suffit de se reporter, plus haut sur la page, aux captures d'écran pris sur la bande d'annonce pour le vérifier

L'opposition entre la moraline musulmane et la modernité outrancière ?
En effet Luna est une femme moderne, réfléchie en toute circonstance, faisant preuve à tout égard d'une extrême lucidité, responsable, consciente que ses actes sont la cause de son avenir, question : où est l'outrance ?

Luna aime sa vie de femme : Luna sait s'amuser avec ses amies et amis, entretient de bonne relations avec ses proches, elle apprécie sa vie professionnelle et refuse de vivre sous-servitude, en un mot de se soumettre à la '' morale '' sexiste et sexo-séparatiste du patriarcat sacralisé par la religion musulmane
[ Se référer à son refus de séjourner plus deux jours dans un camp d'endoctrinement édifié par des salafistes, puis par la suite à sa visite impromptue d'une mosquée où elle découvre la cérémonie en cours d'un mariage contraint... ]

Luna, dans ce scénario, symbolise le féminisme universel : une femme libre, autonome, financièrement indépendante de l'homme, ce qui lui permet d'autant plus librement de décider de se séparer de son ex-compagnon
Bien qu'il eût essayé de la retenir, Luna lui dit que c'est à lui de revenir, c'est à dire pour lui, de cesser de vivre dans l'illusion, de sortir de la religion, tout en sachant ou comprenant que de toute façon c'est trop tard...ici, à ce moment précis finit leur histoire commune, elle part s'occuper et prendre soin d'elle

Luna la bosniaque compte parmi ces femmes qui ne poignardent pas les autres femmes dans le dos, son attitude, sa position n'est pas sans rappeler que dans notre pays les libertés individuelles, de conscience, de liberté d'expression, d'obtention de droits pour avoir le choix ne dépendent plus ou ne doivent plus du tout dépendre du religieux

Le fond c'est le droit d'une femme de choisir, dans le film Luna est sexuée, symboliquement représente la modernité radicalement opposée aux traditions castratrices

Luna caricaturée par la critique, ce qui démontre une fois de plus que le sexisme, dans notre pays, à la vie dure où à longueur d'année continuellement est mis en avant la notion d'islamophobie sans autre sens que de tenter d'empêcher le décryptage d'une religion qui abaisse le statut de la femme, la réduit à un rôle complémentaire de l'homme et à la fonction exclusivement de procréatrice [ exclusivement procréatrice, dans le film, le seul devoir que ne manque pas de lui rappeler la salafiste ]

Dans notre pays, la critique relativement bigotisée, réductrice, oppose le traditionalisme mortifère, donc castrateur à une sorte de vision dénaturée de la notion ou du concept de modernité en prenant appui ou pour alibi ( ce qui est très dans le ton de la religion ) les mœurs des uns et des autres à l'image de la salafiste qui dans sa voiture s'adressant à Luna « l'Occident tue la féminité qui est en nous », traduire par « procrée et tais-toi » ! - Crab - 24 Novembre 2012

Suite :
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